TM Bourse — jeudi 29 octobre 2026, édition du matin. Informations vérifiées avant l’ouverture des marchés d’actions européens. Toutes les heures ci-dessous sont celles de Paris. Les cotations sont des repères horodatés, pas des cours en direct.
La journée se joue sur trois plans : les anticipations de taux entre les États-Unis et la zone euro, le coût de l’énergie et la capacité des entreprises à transformer leur activité en bénéfices. Pour EUR/USD, les annonces américaines de 13 h 30 précéderont la BCE : attribuer tout le mouvement de l’après-midi à une seule annonce serait trompeur.
1. EUR/USD : le soulagement après la Fed doit encore passer le test des chiffres
Fait acquis, daté du 28 octobre : la Réserve fédérale a maintenu sa fourchette de taux à 3,75–4,00 %. Son communiqué décrit une activité solide et une inflation encore élevée. Cette décision constitue le point de départ de la séance, et non une annonce nouvelle de ce jeudi. Source primaire : Fed, communiqué du 28 octobre 2026.
Réactions déjà constatées : Reuters relève EUR/USD à 1,1145 à 4 h 48, après une progression de l’euro de 0,3 % mercredi. Le rendement américain à deux ans a touché 4,6705 % en Asie, en baisse de près de sept points de base. Ces mouvements accompagnent une modération des anticipations de hausse des taux américains. Source : Reuters, 29 octobre, dépêche publiée à 2 h 55, pointage de change à 4 h 48.
Mécanisme et horizon : le rendement est la rémunération offerte par une obligation ; un point de base représente 0,01 point de pourcentage. Si les taux américains attendus baissent davantage que les taux européens, l’avantage de rémunération du dollar se réduit, ce qui peut favoriser l’euro dans les heures ou jours suivants. Mais cette lecture perdrait de sa force si les statistiques américaines faisaient remonter les rendements, ou si un regain d’inquiétude provoquait une recherche de dollars. Une hausse d’EUR/USD accompagnée d’un resserrement de l’écart de taux États-Unis–Allemagne serait un signe cohérent avec ce mécanisme, sans en constituer une preuve exclusive.
2. À 13 h 30 puis 14 h 15 : deux sources possibles de volatilité
Agenda confirmé, résultats encore inconnus : le BEA programme aujourd’hui la première estimation du PIB américain du troisième trimestre et les revenus et dépenses des ménages de septembre à 13 h 30. Cette dernière publication comprend l’inflation PCE, mesurée à partir des dépenses de consommation. Le PIB mesure la production ; une première estimation reste révisable. Le PCE sous-jacent écarte l’alimentation et l’énergie afin de mieux lire les tendances persistantes. Source primaire : calendrier du BEA consulté le 29 octobre 2026. Attention au décalage horaire de cette semaine : 8 h 30 à New York correspond à 13 h 30 à Paris.
La BCE publiera sa décision à 14 h 15, avant sa conférence de presse de 14 h 45. L’horaire est confirmé ; le contenu de la décision ne l’est pas encore. Source primaire : agenda hebdomadaire de la BCE, actualisé le 28 octobre.
- Scénario favorable à l’euro : une inflation américaine moins forte qu’attendu, sans effondrement de l’activité, puis une BCE plus préoccupée par l’inflation que ne l’anticipait le marché pourraient réduire l’avantage de taux du dollar. À confirmer par les rendements à deux ans et la persistance du mouvement après la conférence.
- Scénario favorable au dollar : une inflation américaine persistante et une BCE insistant sur les risques de croissance pourraient produire l’effet inverse. Une remontée durable de l’écart de taux américain serait un signal de confirmation.
- Scénario contradictoire : un PIB faible accompagné d’une inflation forte compliquerait l’arbitrage. Ce risque de stagflation — croissance faible et inflation élevée — peut pénaliser les actions sans donner une direction simple à EUR/USD. Une forte première variation suivie d’un retournement invaliderait une lecture trop rapide.
Pour le Nasdaq et le S&P 500, une détente des taux peut soutenir la valeur actuelle des bénéfices futurs. Une dégradation des perspectives de bénéfices peut toutefois annuler cet avantage. Pour le CAC 40, le DAX et l’Euro Stoxx 50, il faudra aussi regarder le crédit et la demande : un euro plus fort réduit certains coûts d’importation, mais peut diminuer la valeur en euros des recettes réalisées à l’étranger.
3. Énergie : une réunion européenne concrète, pas encore un remède adopté
Fait nouveau du jour : les ministres européens de l’énergie se réunissent à Luxembourg. La sécurité d’approvisionnement pour l’hiver 2026–2027, les tarifs de réseau électrique et la stabilité des approvisionnements en diesel figurent à l’ordre du jour. Les débats sur les tarifs commencent vers 9 h 45, ceux sur la sécurité énergétique vers 11 h 30 ; les horaires restent indicatifs. Une discussion de proposition ne vaut pas adoption. Conseil de l’UE, réunion du 29 octobre et programme officiel publié le 28 octobre.
Marché observé : le Brent s’échangeait à 114,10 dollars, en baisse de 1,1 %, à 4 h 51. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme avoir intercepté un missile tôt ce jeudi ; cette affirmation est attribuée à la coalition. Les autorités saoudiennes n’avaient pas confirmé la frappe revendiquée contre une raffinerie. Une revendication ne permet donc pas de chiffrer une perte de production. Source : Reuters, 29 octobre, pointage pétrolier de 4 h 51.
Transmission possible : une énergie durablement chère augmente la facture d’importation européenne, les coûts industriels et les prix payés par les ménages. À l’horizon de plusieurs semaines, cela peut affaiblir la demande et les marges, notamment pour l’industrie allemande, tout en compliquant la tâche de la BCE. Pour l’euro, le soutien éventuel de taux plus élevés s’oppose alors au coût du choc énergétique. Le CAD peut bénéficier de recettes pétrolières, mais une hausse de l’aversion au risque peut dominer cet effet. Une détente durable du pétrole, du gaz et des prix de livraison serait un facteur contraire ; des interruptions physiques confirmées renforceraient le risque. Le recul ponctuel du Brent ne prouve ni accord de paix ni normalisation de l’approvisionnement.
4. Politique budgétaire : Rome franchit une étape, le Parlement reste décisif
Évolution du 28 octobre au soir : le gouvernement italien a approuvé son projet de budget 2027, avec 26 milliards d’euros de réductions fiscales et dépenses supplémentaires, financées notamment par des contributions accrues des banques, assureurs et entreprises énergétiques. Le passage en Conseil des ministres est acquis ; le texte doit encore suivre son parcours parlementaire. Reuters, 28 octobre, publication à 20 h 28 ; confirmation ANSA, 28 octobre.
Analyse : une fiscalité accrue peut peser sur les bénéfices des secteurs concernés, tandis que les aides et dépenses peuvent soutenir l’activité. Pour EUR/USD et l’Euro Stoxx 50, le risque deviendrait plus large si les investisseurs exigeaient une rémunération supplémentaire pour détenir la dette italienne. On surveillera donc le spread BTP–Bund : l’écart de rendement entre obligations italiennes et allemandes de même échéance. Son élargissement persistant signalerait une défiance ; sa stabilité et des modifications parlementaires atténueraient cette lecture. Aucun mouvement de marché n’est ici attribué au budget sans observation vérifiée. L’horizon politique est celui des prochaines semaines.
5. Entreprises : de nouveaux chiffres européens, une divergence américaine déjà engagée
STMicroelectronics, communiqué du 29 octobre : chiffre d’affaires trimestriel de 3,76 milliards de dollars, résultat opérationnel comptable de 367 millions, contre 429 millions après ajustements. Le groupe vise au point central 4,15 milliards de ventes au quatrième trimestre. La prévision exclut l’effet d’éventuelles nouvelles modifications des droits de douane. Source primaire : résultats ST, 29 octobre 2026, PDF.
Le chiffre ajusté retire certains éléments, notamment de restructuration ; il ne remplace pas le résultat comptable. Pour le titre et le CAC 40, la confirmation de la reprise des commandes peut soutenir les anticipations de bénéfices des prochains trimestres. Des restrictions commerciales, des coûts supplémentaires ou un ralentissement des clients constitueraient des facteurs contraires. Les précisions de la direction et la réalisation ultérieure des objectifs permettront de tester ce scénario ; une hausse du cours à l’ouverture n’est pas encore constatée dans ce point.
Air Liquide, résultats annoncés ce matin : ventes trimestrielles de 7,26 milliards d’euros, croissance comparable de 3 % et objectifs de marge confirmés. Le groupe annonce également une première tranche de rachats d’actions de 1 milliard d’euros. Reuters, 29 octobre, publication à 7 h 25. Une croissance « comparable » neutralise notamment des variations de change et de périmètre. La tenue des volumes peut conforter la confiance dans l’industrie ; les coûts énergétiques et les conditions de répercussion aux clients restent à examiner. Un rachat crée une demande d’actions, sans garantir une hausse du cours. Horizon : séance pour la réaction, trimestres pour les marges.
Prolongement du flash américain d’hier : dans son bulletin asiatique du 29 octobre, Reuters rapporte des réactions opposées après les résultats d’Alphabet et de Microsoft, ainsi qu’un recul d’environ 0,9 % des contrats à terme sur le Nasdaq. Ces contrats anticipent une exposition future à l’indice ; ils ne constituent pas une clôture de Wall Street. Reuters, bulletin du 29 octobre publié à 3 h 28 ; notre flash du 28 octobre pour les résultats détaillés.
La lecture à tester est celle de la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle : une croissance des ventes peut ne pas suffire si elle absorbe trop de trésorerie. À court terme, les grands poids technologiques peuvent peser sur le Nasdaq et le S&P 500 ; la diffusion aux autres secteurs ou, au contraire, une rotation vers ceux-ci permettra de juger l’ampleur du risque. Un repli technologique isolé ne suffit pas à expliquer le dollar.
Les confirmations à suivre aujourd’hui
EUR/USD : comparer les nouvelles statistiques et la communication de la BCE aux attentes, puis vérifier la cohérence avec l’écart des rendements. Indices européens : distinguer les réactions aux résultats des effets de l’énergie et du crédit. Indices américains : surveiller si la faiblesse des contrats technologiques se prolonge lors de la séance et s’étend au marché.
Autres devises, scénarios et non performances constatées : GBP dépendra aussi des rendements britanniques et de la crédibilité budgétaire ; une baisse générale du dollar peut aider la livre sans effacer ses contraintes nationales. JPY peut profiter d’une détente des rendements américains, mais sa politique monétaire propre reste déterminante. CHF peut attirer des flux de prudence ; CAD reste sensible au pétrole et aux taux canadiens ; AUD à la demande mondiale et à l’appétit pour le risque. Ces mécanismes peuvent se contredire : aucune direction n’est certaine.
Cette analyse distingue les faits datés, les réactions observées et les hypothèses de transmission. Elle sera complétée en cas de nouveauté substantielle vérifiée.
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