TM Bourse — samedi 24 octobre 2026, point de 19 h (heure de Paris).
La nouveauté depuis l’édition du matin est le passage des manifestations annoncées à un premier bilan national, auquel s’ajoutent des signaux contradictoires au Moyen-Orient et une réponse officielle chinoise aux restrictions américaines sur l’investissement. Ces évolutions modifient les scénarios pour la réouverture, sans fournir à elles seules une direction certaine pour EUR/USD.
Repère de marché : les marchés d’actions au comptant européens et américains sont fermés ce samedi ; le marché interbancaire habituel des devises est également en pause de week-end. Aucune variation d’EUR/USD ou des indices n’est attribuée ici aux annonces de samedi. Les effets ci-dessous sont des hypothèses à vérifier à la reprise. Le bilan social reste évolutif.
1. France : une mobilisation toujours importante, des heurts et un coût économique à préciser
Faits vérifiés. Le Monde rapporte à 18 h 16 les estimations nationales du 24 octobre : 410 000 participants selon le ministère de l’intérieur, près de 800 000 selon la CGT. AP confirme ces deux ordres de grandeur et relate des affrontements en fin de cortège à Paris. Ce sont des comptages attribués, non une mesure unique consensuelle. Ils concernent bien le 24 octobre, pas le 17.
Reuters décrit parallèlement des commerces et musées fermés ainsi que des perturbations du métro parisien. Son point de l’après-midi jugeait les troubles moins sévères que la semaine précédente ; les heurts ultérieurs empêchent d’en tirer un bilan définitif de la soirée. Le Monde, direct du 24 octobre, entrée de 18 h 16 ; AP, 24 octobre ; Reuters, 24 octobre, point publié à 17 h 17 à Paris.
Transmission possible. Fermetures → ventes et fréquentation perdues à court terme → pression sur certains commerçants, transports et activités touristiques. Des pertes reportées sur d’autres jours auraient un effet moindre que des achats définitivement annulés. Une prolongation des perturbations pourrait ensuite peser sur la confiance et les décisions d’investissement. Le nombre de manifestants ne permet pas, à lui seul, de chiffrer une perte de PIB.
Le canal financier à surveiller est l’écart de rendement entre l’obligation française à dix ans (OAT) et l’allemande (Bund) : cet écart mesure le supplément de rémunération demandé pour prêter à la France. S’il augmentait avec une baisse relative des banques françaises, le marché signalerait une inquiétude accrue sur le risque français. Cela pourrait pénaliser le CAC 40, puis l’Euro Stoxx 50 et l’euro si l’inquiétude devenait européenne. Le DAX serait moins directement exposé aux fermetures françaises, tout en restant sensible à la confiance régionale.
Horizon et scénario contraire. À la reprise de lundi puis sur quelques semaines, un retour rapide à l’activité limiterait les pertes et pourrait calmer la prime de risque, c’est-à-dire le rendement supplémentaire exigé face à l’incertitude. L’absence d’élargissement de l’écart OAT–Bund et la résistance des valeurs françaises invalideraient une lecture financière alarmiste. Les recettes internationales des grandes entreprises du CAC peuvent aussi amortir un choc domestique.
2. Golfe : un appel au dialogue ne suffit pas à effacer le risque énergétique
Faits vérifiés. Reuters rapporte à 15 h 03, heure de Paris, que le président iranien Massoud Pezeshkian souhaite une nouvelle tentative pour conclure un accord intérimaire, tout en accusant Washington de l’échec précédent. Aucun accord conclu ni calendrier de reprise des négociations n’est annoncé dans cette dépêche. Plus tôt, à 10 h 34, Reuters avait relayé l’annonce par la coalition saoudienne de l’interception de deux missiles houthis visant Taïf et Yanbu ; les alertes civiles ont ensuite été levées.
À 18 h 03, Reuters publie aussi une note américaine datée du 23 octobre : le renseignement américain y estime que des projets iraniens contre des Américains sont avancés. Il s’agit d’une évaluation américaine rapportée et attribuée, pas de la confirmation d’un attentat exécuté. Reuters, 24 octobre, 13 h 03 UTC ; Reuters, 24 octobre, 8 h 34 UTC ; Reuters, 24 octobre, 16 h 03 UTC.
Transmission possible. Une menace durable sur la sécurité régionale peut renchérir l’assurance et le transport, puis le pétrole si les opérateurs anticipent des livraisons perturbées. Une interception ne prouve toutefois pas une perte de production : les faits retenus ici ne permettent pas de chiffrer une nouvelle coupure pétrolière samedi.
Si l’énergie renchérissait durablement, la facture des importateurs européens augmenterait et les marges industrielles pourraient diminuer : risque pour le DAX, le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50. Aux États-Unis, certaines entreprises énergétiques pourraient bénéficier de prix plus élevés, tandis que les consommateurs et les secteurs utilisateurs subiraient la hausse des coûts. Le S&P 500 aurait donc des effets sectoriels opposés. Le Nasdaq serait particulièrement sensible à une hausse des rendements obligataires, qui réduit la valeur actuelle attribuée à des bénéfices attendus loin dans le futur.
EUR/USD et facteurs contraires. Un choc énergétique défavorable à l’Europe, accompagné de recherche de liquidités en dollars, pourrait peser sur l’euro. Mais si la BCE devait maintenir ses taux davantage que la Fed pour contenir l’inflation, le soutien relatif des taux européens pourrait compenser une partie de cette pression. À l’inverse, une négociation concrète et une amélioration vérifiable des livraisons réduiraient le risque. Confirmation à rechercher dès la réouverture puis sur plusieurs semaines : pétrole, coûts d’assurance, flux physiques et écart de taux anticipés Fed–BCE évoluant de façon cohérente. Une simple déclaration diplomatique ne suffit pas.
3. Chine–États-Unis : la tension porte aussi sur les flux de capitaux
Fait vérifié. Le ministère chinois du commerce s’oppose ce samedi à l’élargissement proposé des restrictions américaines sur l’investissement et se réserve la possibilité de réagir. Son communiqué est horodaté 19 h 17 à Pékin, soit 13 h 17 à Paris. Reuters précise que le projet américain couvre notamment les biotechnologies, le calcul de haute performance et les systèmes hypersoniques. Il s’agit d’un projet de règles et d’une protestation officielle : ces sources n’annoncent pas une nouvelle riposte chinoise déjà mise en œuvre. MOFCOM, communiqué du 24 octobre ; Reuters, 24 octobre, 15 h 50 à Paris.
Transmission possible, sur plusieurs semaines ou mois. Des règles plus contraignantes pourraient limiter certains financements et partenariats, augmenter les coûts de conformité et ralentir des projets. Le Nasdaq et certaines valeurs du S&P 500 exposées aux technologies ou aux biotechnologies pourraient subir une révision des bénéfices attendus. Pour le DAX, le CAC et l’Euro Stoxx 50, le canal serait surtout indirect : demande chinoise, chaînes d’approvisionnement et confiance commerciale.
Une escalade effective pourrait aussi pénaliser l’AUD, sensible aux perspectives chinoises, et favoriser le dollar par prudence. EUR/USD ne monterait pas automatiquement parce que les restrictions sont américaines : l’Europe peut également subir un ralentissement mondial. L’invalidation de ce scénario passerait par un texte final plus étroit, des exemptions ou une absence de représailles. Il faut attendre le champ juridique définitif et les annonces des entreprises avant d’estimer les pertes ; aucune société précise n’est présentée ici comme ayant déjà perdu un contrat.
4. Les confirmations à rechercher lors de la reprise
| Scénario conditionnel | Signaux utiles | Lecture possible |
|---|---|---|
| Détente du risque français et régional | Activité rétablie, écart OAT–Bund stable ou resserré, avancée diplomatique concrète | Soutien possible aux actions européennes et à EUR/USD ; dépend toujours des taux relatifs |
| Escalade avec perturbation énergétique | Livraisons réellement réduites, pétrole et assurance en hausse persistante | Pression possible sur indices et euro ; dollar ou CHF recherchés, sans garantie |
| Durcissement technologique effectif | Texte applicable, contre-mesures et révisions de projets confirmés | Risque pour valeurs technologiques, exportateurs exposés et AUD |
Pour les autres devises, les mécanismes restent concurrents : le CAD peut profiter d’un pétrole plus cher, mais souffrir d’un repli général de la prise de risque ; le CHF peut bénéficier de la prudence ; le JPY dépend également de l’écart de taux et de la facture énergétique japonaise. La GBP doit être évaluée avec les perspectives britanniques et les taux, plutôt que déduite mécaniquement des événements français. Une ouverture en hausse ou en baisse ne prouvera pas à elle seule la causalité d’une de ces nouvelles.
Ce point complète l’analyse du matin consacrée à Moody’s, au pétrole et au commerce canadien. Il privilégie les développements nouveaux et les conditions qui permettraient de les traduire en effets économiques mesurables.
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