TM Bourse — dimanche 25 octobre 2026, édition du matin.
Le bilan du samedi confirme la persistance de la mobilisation française. Au Moyen-Orient, les revendications d’attaques restent à distinguer des dégâts démontrés. Pour la semaine du 26 au 30 octobre, le risque est double : des décisions monétaires susceptibles de déplacer les capitaux entre devises et des résultats d’entreprises capables de modifier les attentes de bénéfices. Cette édition privilégie les confirmations à rechercher, plutôt qu’une prévision unique d’EUR/USD.
Marchés fermés : les Bourses européennes et américaines au comptant ne tiennent pas de séance ce dimanche matin. Le marché interbancaire habituel des devises n’a pas encore repris ses échanges de semaine. Aucun cours « en direct » ni mouvement dominical des indices n’est donc inventé ici. Les événements du 24 octobre sont présentés comme le bilan de samedi ; les réunions à venir ne sont pas des décisions déjà prises.
1. France : après le bilan de samedi, surveiller la durée des perturbations
Faits datés. Dans son bilan du 24 octobre à 22 heures, Le Monde rapporte 410 000 manifestants selon le ministère de l’intérieur, près de 1 000 interpellations et des heurts ainsi que des pillages de certains commerces. La CGT revendique, dans son communiqué du 24, près de 800 000 participants et appelle à une journée de grève et de manifestation le 5 novembre. Ces chiffres restent attribués à leurs sources respectives. Le Monde, bilan du 24 octobre à 22 heures ; CGT, communiqué du 24 octobre.
Ce que cela change. L’enjeu pour l’économie est la répétition des interruptions : fermetures ou dégâts → recettes perdues et coûts de remise en état → éventuel recul de la confiance et de l’investissement. L’appel du 5 novembre prolonge l’horizon du risque, mais ne prouve ni une participation massive future ni un blocage national déjà effectif. Le bilan du 17 octobre appartient au contexte antérieur et n’est pas additionné à celui de samedi.
Pour EUR/USD et les indices, la première confirmation viendra des obligations. L’écart OAT–Bund compare les rendements des emprunts français et allemands de même durée : son élargissement signifie que les prêteurs demandent davantage de rémunération relative pour la France. S’il s’accompagnait d’une faiblesse des banques françaises, le CAC 40 pourrait être pénalisé, puis l’Euro Stoxx 50 et l’euro si la défiance dépassait la France. Un rendement français en hausse, isolément, ne suffit pas : les taux allemands et américains peuvent monter aussi.
Scénario contraire, de lundi aux prochaines semaines : des réouvertures rapides, des pertes commerciales rattrapées et un écart OAT–Bund stable limiteraient la transmission financière. Les grandes entreprises du CAC réalisent aussi une part de leur activité à l’étranger. Une inquiétude sociale nationale ne se transforme donc pas automatiquement en baisse proportionnelle du CAC ou de l’euro.
2. Golfe : le risque concerne les livraisons, pas seulement les annonces
Fait et limite de vérification. Le compte rendu Reuters repris le 25 octobre par Business Standard décrit les revendications houthies du samedi visant notamment la raffinerie de Rabigh et l’oléoduc Est–Ouest saoudien. La coalition annonce deux missiles interceptés et les autorités saoudiennes des retombées de débris. La dépêche ne permet pas d’établir que les installations pétrolières revendiquées ont été touchées. Ce n’est pas une nouvelle coupure de production confirmée dimanche. Reuters, reprise du 25 octobre à 8 h 28 en Inde, soit 3 h 58 à Paris.
Transmission possible. Si une baisse des livraisons était confirmée, pétrole et transport pourraient renchérir. La facture des importateurs augmenterait, réduisant les marges et le pouvoir d’achat. Cela peut freiner la croissance tout en maintenant l’inflation : les banques centrales auraient alors moins de latitude pour assouplir leur politique. Le DAX et les industries européennes seraient exposés à leurs coûts énergétiques ; le CAC et l’Euro Stoxx 50 subiraient des effets différents selon les secteurs. Certaines entreprises pétrolières pourraient bénéficier des prix élevés, tandis que les transports et les consommateurs souffriraient.
Pour EUR/USD, une énergie plus chère peut fragiliser l’Europe importatrice et attirer des capitaux prudents vers le dollar. Mais des taux européens anticipés plus élevés pourraient soutenir l’euro en sens contraire. Le CAD peut profiter de la valeur des exportations pétrolières canadiennes, sans être immunisé contre une fuite générale devant le risque.
Confirmation ou invalidation : regarder, à la reprise puis sur plusieurs semaines, les annonces d’exploitants, les livraisons, les coûts d’assurance et la persistance du mouvement pétrolier. Des volumes préservés et une amélioration diplomatique concrète affaibliraient le scénario de choc d’offre. Une revendication de belligérant ou une hausse ponctuelle de prix ne prouve pas, seule, une pénurie.
3. Fed et BCE : l’euro dépendra surtout de la surprise relative
Dates officielles. La Fed se réunit les 27 et 28 octobre ; sa décision et sa conférence de presse sont prévues le mercredi 28. Le Conseil des gouverneurs de la BCE tient sa réunion monétaire les 28 et 29, avec conférence le jeudi 29. Federal Reserve, calendrier d’octobre 2026 ; BCE, calendrier officiel consulté le 25 octobre.
Le marché compare ce qui est annoncé à ce qu’il avait anticipé. Un taux inchangé peut ainsi faire monter une devise si le discours annonce un durcissement inattendu. Inversement, une hausse déjà largement attendue peut décevoir si la banque centrale laisse entendre qu’elle sera la dernière.
Chaîne pour EUR/USD : signal monétaire → modification des taux futurs attendus → changement du rendement relatif des placements en dollars et en euros → réallocation possible des capitaux. Une Fed plus ferme que prévu, face à une BCE prudente sur l’activité, pourrait soutenir le dollar. Une BCE relativement plus ferme, accompagnée d’un message américain moins restrictif, pourrait soutenir l’euro. Aucun des deux cas n’est certain.
Les indices ont deux forces à arbitrer : des taux plus élevés rendent le crédit plus coûteux et diminuent la valeur actuelle des bénéfices futurs ; une économie plus solide peut améliorer ces bénéfices. Il faudra donc comparer les rendements obligataires, EUR/USD et la réaction de plusieurs secteurs, plutôt que conclure à partir de la première minute. Un mouvement initial entièrement effacé après les conférences fragiliserait la lecture de départ.
4. Entreprises : Microsoft et Amazon donneront un test concret des dépenses d’IA
Rendez-vous confirmés. Microsoft publiera ses résultats du premier trimestre de l’exercice 2027 après la clôture américaine du mercredi 28 octobre. Amazon présentera ses résultats du troisième trimestre 2026 le jeudi 29, avec une conférence à 17 heures à New York. Microsoft, annonce du 7 octobre 2026 ; Amazon, annonce du 15 octobre 2026. Ces dates sont connues ; leurs chiffres ne le sont pas encore.
Ce qu’il faudra lire. Des dépenses d’investissement élevées — achats de serveurs, centres de données, équipements — ne sont ni automatiquement bonnes ni automatiquement mauvaises. Si elles s’accompagnent d’une demande solide, de marges préservées et de flux de trésorerie rassurants, elles peuvent conforter les bénéfices futurs. Si elles augmentent plus vite que les recettes et exigent un financement coûteux, elles peuvent inquiéter.
Le Nasdaq serait directement sensible à ces révisions d’attentes ; le S&P 500 également, via le poids des grandes entreprises technologiques. Le DAX et l’Euro Stoxx 50 pourraient suivre par confiance ou par les perspectives des fournisseurs, sans reproduire exactement la réaction américaine. Pour EUR/USD, le canal serait indirect : attrait des actifs américains et flux de capitaux, parfois contrariés par les mouvements de taux. Un recul technologique ne garantit donc pas une baisse du dollar. Confirmation : résultats, prévisions des dirigeants et réaction durable de plusieurs valeurs ; invalidation : de bons revenus qui compensent les coûts, ou une première réaction rapidement inversée.
5. Les autres devises et le tableau de suivi de la semaine
| Date | Événement vérifié | Question utile |
|---|---|---|
| Lundi 26 octobre | Reprise des séances européennes et américaines après le week-end | Le risque français apparaît-il dans l’écart OAT–Bund, les banques et l’euro ? |
| Mercredi 28 | Fed ; Banque du Canada et rapport monétaire ; Microsoft après clôture | La surprise de taux domine-t-elle les nouvelles sur les bénéfices ? |
| Jeudi 29 | BCE ; Amazon ; début de la réunion japonaise | L’écart de perspectives Fed–BCE et les marges des entreprises changent-ils ? |
| Vendredi 30 | Fin de la réunion de la Banque du Japon et rapport de perspectives | Le message japonais modifie-t-il l’avantage des placements en dollars face au yen ? |
Sources complémentaires : Banque du Canada, calendrier 2026 publié le 6 août 2025 ; Banque du Japon, calendrier 2026 consulté le 25 octobre.
Le CAD dépendra du message canadien comparé à celui de la Fed, en plus du pétrole. Le JPY pourrait être soutenu si les anticipations de taux japonais se raffermissaient relativement aux taux américains ; la facture énergétique peut agir en sens contraire. Le CHF peut bénéficier de la prudence, mais ce rôle de refuge ne garantit pas une hausse à chaque crise. La GBP restera sensible aux perspectives et aux rendements britanniques ; l’AUD à la confiance mondiale et aux perspectives chinoises. Il faut vérifier ces canaux au lieu d’appliquer à toutes les devises une même réaction.
Cette édition du dimanche complète le point du samedi soir. La question centrale de la semaine sera de savoir si le risque énergétique et politique se traduit effectivement dans les coûts, les taux et les bénéfices, ou si les confirmations économiques atténuent les craintes.
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